Massage des pieds le dimanche soir : mon rituel le plus simple

De tout ce que j’ai essayé cette année, le massage des pieds est le geste que je tiens depuis le plus longtemps et celui dont je parle le moins. Sans doute parce qu’il n’y a presque rien à en dire : une bassine, de l’eau tiède, une huile, dix minutes, le dimanche soir. Aucune promesse, aucun protocole.

Mains massant la plante d'un pied
La plante au pouce, les orteils un par un, puis la cheville.

Comment ce massage des pieds a commencé

Par un marché. Je rentrais des Arceaux un samedi de mai avec deux sacs trop lourds et j’avais les pieds en feu. J’ai rempli une bassine et je me suis assise sur le bord de la baignoire. Ça n’avait rien d’un soin, c’était juste du soulagement.

Le geste est resté. Il s’est déplacé au dimanche soir, ce qui est plus pratique, et j’y ai ajouté l’huile au bout de quelques semaines.

Ce que je fais exactement

Dix minutes les pieds dans l’eau tiède, pas chaude. Je sèche. Puis je prends chaque pied à son tour, sur le genou opposé, et je masse : la plante avec le pouce, les orteils un par un, le dessus du pied, puis la cheville. Quatre à cinq minutes par pied.

J’utilise l’huile de sésame, celle dont l’odeur grillée me gênait trop pour un massage des jambes. Sur les pieds, elle ne me dérange pas du tout, et c’est la plus épaisse de celles que j’ai comparées cet été, donc la main glisse jusqu’au bout sans que j’en remette.

Rouleau de massage en bois posé sur le sol
Le rouleau offert, essayé trois fois : mes mains dosent mieux.

Je ne connais aucun point particulier, je ne cherche aucune zone. J’appuie là où ça me fait du bien et je m’arrête quand j’en ai assez. Si quelqu’un attend de ce texte une méthode, il sera déçu.

La seule chose que j’ai apprise en six mois, c’est la température de l’eau. J’ai commencé avec de l’eau chaude, presque brûlante, parce que ça semblait plus agréable. Mes pieds ressortaient rouges et gonflés et le massage devenait désagréable. Tiède, autour de la température d’un bain pour enfant, c’est nettement mieux, et ça m’a pris deux mois pour le remarquer.

L’été et l’hiver ne se ressemblent pas

En été, le bain de pieds est le moment que j’attends. Montpellier en juillet, c’est des sandales et des trottoirs chauds, et l’eau tiède sur des pieds poussiéreux est à peu près le meilleur moment du dimanche.

En hiver, c’est autre chose. Mes pieds sont froids en permanence entre décembre et février, et le bain sert surtout à les réchauffer. Je rallonge à quinze minutes, j’ajoute de l’eau chaude en cours de route, et je mets des chaussettes de laine juste après le massage, par-dessus l’huile. Les chaussettes sont grasses à laver, et c’est le seul inconvénient que je vois à tout ça.

Les talons, eux, sont un problème saisonnier assez net : secs et craquelés de novembre à mars, corrects le reste de l’année. L’huile une fois par semaine n’y suffit pas en plein hiver, et je double avec un baume plus épais les semaines où ça tire.

Ce que ça me fait

Mes pieds sont moins secs depuis que j’y mets de l’huile une fois par semaine, et les talons qui craquelaient en juin ne craquellent plus. Ça, c’est net, et c’est probablement l’effet le plus trivial du monde : j’hydrate une peau sèche, elle est moins sèche.

Pour le reste, je n’ai rien à annoncer. Je me sens posée après, mais je me sens aussi posée après avoir lu une bande dessinée, donc je n’irai pas plus loin. Je ne saurais pas distinguer l’effet du geste de l’effet du dimanche soir.

Le matériel, qui est presque inexistant

  • Une bassine : la mienne est une bassine à vaisselle, 4 €. J’ai regardé les bains de pieds électriques et j’ai renoncé, par manque de place et parce que je n’en voyais pas l’intérêt.
  • Une huile : n’importe laquelle. Un peu épaisse, c’est mieux.
  • Un rouleau en bois : offert, essayé trois fois, abandonné. Je préfère mes mains, qui dosent la pression sans que j’y pense.
Pieds nus posés sur un parquet clair
Les talons craquellent de novembre à mars et vont bien le reste de l'année.

Pourquoi je le garde

Parce que c’est le seul geste de ma semaine qui ne demande ni créneau protégé, ni matériel sorti d’un placard, ni décision. Mes autres pratiques ont toutes eu besoin d’une organisation pour tenir : le massage des jambes a eu besoin d’un flacon posé au bon endroit, le yoga du matin d’un horaire fixe.

Les pieds, non. L’eau coule, je m’assois, c’est fait. Les semaines compliquées, c’est souvent la seule chose qui reste, et elle me suffit.

Il y a aussi que je n’attends rien de ce geste, et je crois que c’est la raison principale. Mes autres essais venaient avec une attente, même vague : être plus souple, avoir les jambes légères, mieux dormir. Dès qu’il y a une attente, il y a une déception possible, et une séance peut rater.

Un bain de pieds ne peut pas rater. Il est tiède, il dure dix minutes, et le résultat est exactement ce qu’il annonce. Si je devais ne garder qu’une seule chose de tout ce que j’ai essayé cette année, je garderais probablement celle-là, et ça m’aurait bien étonnée en janvier.